Baromètre du numérique 2026 : 48 points sur 100, 48 % des 12 ans et plus utilisent l'IA générative

Baromètre du numérique 2026 : 5 chiffres à retenir pour accompagner les publics

Chaque année, le Baromètre du numérique mesure comment les Français s’équipent et se servent d’internet. L’édition 2026 fait 88 pages. Je l’ai lue pour toi, avec une question en tête : qu’est-ce que ça change pour celles et ceux qui accompagnent les publics, en médiathèque, en France Services ou dans un service culture ?

Le rapport en deux lignes

Le Baromètre du numérique est réalisé par le CRÉDOC pour l’Arcep, l’Arcom, le Conseil général de l’économie et l’Agence nationale de la cohésion des territoires. L’édition 2026, publiée en février 2026, repose sur une enquête menée en juin 2025 auprès de 4 145 personnes de 12 ans et plus, en France métropolitaine.

Cette année, l’intelligence artificielle générative occupe la première partie du rapport. Mais pour qui accompagne des publics, c’est la dernière partie, sur l’inclusion numérique, qui donne le plus à réfléchir.

1. 48 % : près d’une personne sur deux utilise l’IA générative

En 2023, 20 % des Français utilisaient une IA générative. En 2025, ils sont 48 %. Le rapport souligne que la connexion à internet à domicile avait mis cinq ans pour se diffuser de façon comparable, et le smartphone trois ans (page 8).

Derrière la moyenne, l’écart entre générations se creuse : 85 % des 18-24 ans s’en servent, contre 15 % des 70 ans et plus (page 9). Soixante-dix points d’écart, contre cinquante-cinq il y a deux ans.

2. 55 % contre 26 % : le moteur de recherche n’est pas mort

Chercher une information est l’usage numéro un de l’IA générative : 73 % de ses utilisateurs le font au moins une fois par mois (page 11). Et pourtant, quand on leur demande quel outil ils utilisent en priorité pour chercher une information, 55 % répondent un moteur de recherche, contre 26 % une IA (page 12). Même chez les 18-24 ans, le moteur reste devant, de justesse.

Pour chercher une information, 55 % des utilisateurs d'IA passent d'abord par un moteur de recherche, 26 % par une IA générative, 7 % par un autre outil numérique et 3 % sans numérique
Les deux outils ne font pas le même travail : l’un trouve des pages, l’autre rédige une réponse. On l’explique en deux minutes dans notre capsule « L’IA n’est pas un moteur de recherche ».

3. 64 % : la plupart des utilisateurs vérifient

Bonne nouvelle : 64 % des utilisateurs de l’IA générative disent vérifier les informations qu’elle leur donne, qu’ils lui fassent confiance ou non (page 17). Dans l’ensemble de la population, la méfiance reste majoritaire : 52 % des Français se disent méfiants envers l’IA, 46 % confiants.

Autrement dit, un tiers des utilisateurs ne vérifie pas. C’est là que la médiation a un rôle à jouer.

4. 57 % : la France est un pays d’aidants numériques

Près de six Français sur dix ont déjà aidé quelqu’un à utiliser le numérique, le plus souvent un membre de leur famille (page 79). Et 41 % ont déjà aidé un proche pour une démarche administrative en ligne (page 82), souvent en la faisant à sa place.

Ces aidants sont plutôt jeunes, diplômés, et plus souvent des hommes (61 %). Le rapport note qu’il s’agit souvent de personnes capables de trouver seules la solution en ligne avant d’aider leur entourage (page 81).

5. 11 % : ce qui coince, c’est rarement l’outil

Quand une démarche administrative en ligne bloque, les Français préfèrent parler à quelqu’un : 44 % choisiraient le téléphone avec un agent, 34 % un accueil physique, 34 % un échange écrit avec un agent. Seuls 11 % demandent une aide pour se servir de l’outil numérique (pages 83 et 84).

Le rapport en tire une conclusion forte : la difficulté serait moins numérique qu’administrative. Savoir cliquer ne suffit pas quand on ne sait pas dans quelle case ranger sa situation.

Aide préférée en cas de difficulté avec une démarche en ligne : téléphone avec un agent 44 %, accueil physique 34 %, message à un agent 34 %, tutoriel 26 %, visioconférence 13 %, aide à l'outil numérique 11 %, courrier 10 %
Plusieurs réponses étaient possibles. Le rapport signale une erreur de programmation sur cette question, en partie rattrapée par une relance téléphonique (page 85) : à lire comme une tendance.

Ce que ça change pour une médiathèque

  • Sur l’IA, changer de question. La moitié de tes publics s’en sert déjà. Un atelier « vérifier une réponse d’IA » ou « IA ou moteur : choisir son outil » parlera plus qu’une découverte. La découverte garde tout son sens pour les plus âgés, encore très loin de ces usages.
  • Former les aidants, pas seulement les aidés. Six Français sur dix aident déjà un proche. Un atelier pour celles et ceux qui accompagnent leur famille (que faire à sa place, quoi lui apprendre, comment protéger ses données) touche un public large et motivé.
  • L’accueil humain reste une force. Face à une démarche bloquée, les gens veulent quelqu’un en face. Les agents conversationnels ne convainquent pas : seuls 26 % des Français se disent satisfaits de leurs échanges avec un chatbot (page 86).
  • L’éducation aux médias n’est pas un luxe. 70 % des utilisateurs de réseaux sociaux ont déjà été confrontés à de fausses informations (page 22).

Ce que le rapport ne dit pas

  • Ce sont des réponses déclarées : on mesure ce que les gens disent faire, pas ce qu’ils font.
  • L’enquête date de juin 2025. Sur l’IA, les usages bougent vite.
  • Elle couvre la France métropolitaine, pas les territoires d’outre-mer.
  • Elle dit combien de personnes utilisent l’IA, pas si elles s’en servent bien.

Source : Arcep, Arcom, CGE, ANCT, Baromètre du numérique, édition 2026, réalisé par le CRÉDOC, février 2026, 88 pages. Lire le rapport complet (PDF). Les numéros de page renvoient à ce document.

Coulisses : ce billet a été préparé avec une IA, puis relu, vérifié et validé par Yanick. Les visuels sont dessinés en code. Ce blog montre aussi ce qu’on peut faire à deux, un humain et une IA.

Et si on en faisait un temps d’équipe ?

Ces chiffres font de bons points de départ pour une formation ou une réunion d’équipe : où en sont nos publics, et qu’est-ce qu’on leur propose ? Sans hype, sans jargon, avec des cas concrets.